Adrienne Clarkson

En 1942, William et Ethel Poy, de Hong Kong, entrent au Canada en tant que réfugiés avec leurs enfants, Neville et Adrienne. Neville deviendra un éminent chirurgien plasticien. Adrienne, pour sa part, s'élèvera jusqu'au poste le plus honorable du pays, celui de Gouverneure générale. (Avec la permission de Rideau Hall)

En 1942, la petite Adrienne Clarkson, trois ans, son frère aîné âgé de sept ans et ses parents, William et Ethel Poy, quittent Hong Kong — colonie britannique qui vient de tomber aux mains des Japonais — à destination du Canada, à la faveur d'un programme d'échange de prisonniers entre le Japon et les États-Unis. Le père d'Adrienne travaillant pour la Canadian Trade Commission, la famille pu ainsi disposer d'une place dans le cadre du programme.

Sous les auspices de la Croix-Rouge, les Poy se dirigent d'abord vers Montréal. Là-bas, les autorités de l'Immigration canadienne, invoquant la Loi concernant l'immigration chinoise et visant à la restreindre, tentent de les refouler. Ils seront finalement admis grâce à une disposition de la loi qui prévoit des « circonstances particulières ». La famille s'installera alors à Ottawa.

En 2002, à l'occasion d'un discours qu'elle prononce devant le Comité mixte pour les réfugiés de Red Deer en Alberta, Mme Clarkson évoque la venue de sa famille au Canada. « Nous avons débarqué avec une valise chacun et rien d'autre. J'ai eu vraiment de la chance d'avoir une famille qui n'a jamais considéré avoir perdu quoi que ce soit d'une grande valeur. Ce n'étaient que des choses matérielles (…). Nous n'avions pas perdu nos croyances fondamentales en tant qu'êtres humains. »

Elle fait également remarquer que, dans sa jeunesse, le Canada n'est pas nécessairement un pays très accueillant : « (…) nous devions encore faire face à bien des incertitudes, dont le fait que le Canada, dans ce temps-là, ne faisait pas bon accueil aux immigrants ou aux réfugiés qui n'étaient pas blancs. » Les lois régissant l'immigration canadienne ne s'assoupliront que petit à petit. « (…) Même la définition de "Blanc" changeait d'une décennie à l'autre. Les Italiens n'étaient pas perçus comme "Blancs" au début du 20e siècle, ni les Slaves non plus», a ajouté Mme Clarkson.

À la fin des années 1960, Adrienne Clarkson, animatrice-vedette à la télévision du réseau anglais de Radio-Canada, est désormais une figure bien connue au Canada. C'est en 1999 qu'elle devient le vingt-sixième gouverneur général du Canada.

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