Dans le village de Ban Doi Chaang, sur les hautes terres de la Thaïlande du Nord, la collaboration entre un village tribal retiré et un groupe d’amateurs de café canadiens a mené à une nouvelle approche de production de l’une des denrées les plus prisées dans le monde. Les villageois de la minorité ethnique akha cultivent le café arabica en utilisant des méthodes respectueuses des droits de la personne, de l’environnement et établies selon des normes de haute qualité, et leur partenariat avec un groupe d’hommes d’affaires canadiens constitue une relation égalitaire unique en son genre entre consommateurs du « premier monde » et producteurs du « tiers monde », un petit pas vers un redressement des inégalités du monde.
Ban Doi Chaang, qui se traduit approximativement par « village de la montagne éléphant », a beaucoup changé ces 30 dernières années. Au milieu des années 1980, des organisations thaïlandaises et internationales ont déployé des efforts pour développer l’économie du village, dans le but d’améliorer la qualité de vie, de réduire la pauvreté et d’éradiquer la production d’opium. Auparavant, la plupart des villageois ne cultivaient que du riz pour leur famille et de l’opium, médicament et culture commerciale précieuse. Une variété de nouvelles cultures ont été introduites, mais les programmes mis en place se sont accompagnés de problèmes continuels : les prix ne généraient pas des revenus suffisants et les cultures, qui ne poussaient pas bien à flanc de montagne, nécessitaient des engrais et des pesticides chimiques qui coûtaient cher et causaient des problèmes pour l’environnement et la santé.
Entrepreneuriat
Au début des années 2000, les villageois de Ban Doi Chaang ont décidé de fonder leur propre coopérative caféicole indépendante afin de s’occuper eux-mêmes de la production et de la distribution plutôt que de dépendre d’intermédiaires. Ils ont demandé à un groupe de Canadiens, dont John M. Darch, un entrepreneur qui faisait des affaires en Thaïlande depuis plus de 20 ans, d’établir un partenariat égal pour la distribution internationale. John et Piko Saedoo, chef du village de Doi Chaang, sont ainsi devenus cofondateurs de la Doi Chaang Coffee Company. Les bureaux canadiens de l’entreprise sont situés à Vancouver et les grains de café sont torréfiés à Calgary. Les villageois possèdent et exploitent 100 % de leur entreprise en Thaïlande, mais ils sont aussi propriétaires de 50 % de la Doi Chaang Coffee Company. L’entreprise produit et distribue du café arabica certifié biologique de haute qualité qui peut être vendu sans intermédiaire à des prix internationaux.
Par ailleurs, planter du café est une façon pour Ban Doi Chaang de contribuer au reboisement des flancs de montagne dans une région où la perte de forêt est un problème depuis longtemps. Le café est cultivé sous un couvert d’arbres d’ombrage locaux et d’autres végétaux, comme des fruits et des légumes, sont implantés entre les rangs de café, ce qui crée un écosystème naturel pour les végétaux et animaux locaux. Le sol est protégé par le couvert, qui est maintenu en place par le système racinaire des arbres, et nourri par les feuilles mortes, ce qui empêche l’érosion et l’épuisement du sol. Cette façon de procéder a éliminé le besoin de produits chimiques et de pesticides.
Du bon café!
Le projet du café a changé la vie à Ban Doi Chaang. Auparavant, la sécurité alimentaire et le faible niveau de vie étaient des problèmes constants. Le village a maintenant l’eau courante, l’électricité, un réseau d’égouts de base, une clinique, une route améliorée et une petite école. Des jeunes qui avaient quitté le village en raison du manque de possibilités y reviennent pour profiter de la prospérité de la communauté, et les Akhas peuvent prospérer sans renoncer à leurs traditions culturelles uniques.
Pour en apprendre plus : Doi Chaang Coffee