Le commerce fait tourner le monde. L’activité commerciale nous entoure en permanence et influence nos vies ainsi que celles des gens du monde entier, auxquels nous ne pensons habituellement pas lorsque nous faisons des choix en tant que consommateurs.
Les importations du Canada en provenance de l'Asie, tout comme celles en provenance du reste du monde, sont concentrées dans les secteurs de l’automobile et de l’électronique. Les véhicules motorisés comptent pour 11,3 % des importations du Canada en provenance de l’Asie.
Les produits automobiles constituent donc un exemple parfait de la portée du commerce. Il suffit de penser aux répercussions de la production des pneus de nos véhicules sur les vies en Asie, où le caoutchouc est produit et les pneus sont fabriqués.
La croissance économique
Le gouvernement du Laos encourage la croissance et le développement commerciaux et économiques afin d’élever le niveau de vie de la population et d’améliorer la position économique mondiale du pays. Il s’est approprié des terres agricoles qui étaient autrefois consacrées aux cultures vivrières et les a vendues à une société chinoise qui remplace les fermes par de grandes plantations de caoutchouc. Plus de 500 000 hectares (1,2 million d’acres) ont peut être déjà été convertis en plantations de caoutchouc dans les hautes terres de Chine, ainsi qu’au Laos, en Thaïlande, au Cambodge, au Myanmar et au Vietnam. Selon des chercheurs, la superficie consacrée au caoutchouc et à d’autres activités agricoles pourrait doubler, tripler ou même plus d’ici 2050 pour remplacer des terres actuellement occupées par des arbres à feuilles persistantes et de la végétation secondaire dans des régions de culture sur brûlis. Ceci pourrait faire diminuer considérablement la biomasse de carbone, assécher les réseaux hydrographiques de la région et augmenter le risque de glissements de terrain en raison de l’érosion.
Les agriculteurs doivent quitter leurs terres et sont embauchés pour ensemencer des cultures successives d’arbres à caoutchouc. Toutefois, l’agriculteur devient vite inutile puisque les arbres ne sont saignés que tous les huit ans. Il doit s’installer dans un village et trouver du travail, peut être dans une usine, pour gagner de l’argent, mais ce n’est pas suffisant. Lui et sa famille ne peuvent plus cultiver de nourriture ni produire des biens à vendre. Sa femme doit se trouver du travail; il peut s’agir de petites tâches sur la plantation de caoutchouc ou de travail en usine. Tous deux ont perdu leur métier et leur mode de vie traditionnels basés sur l’agriculture et ont été chassés de terres qui appartenaient peut-être à la famille depuis des générations. Leurs nouveaux emplois ne leur permettront peut-être pas de subvenir à leurs besoins aussi bien que leur ferme.
Les importations et les exportations
Les arbres à caoutchouc sont saignés par des travailleurs laotiens, et le caoutchouc est exporté en Chine, où il est transformé pour fabriquer différentes marchandises, dont des pneus pour les véhicules motorisés. Bien que les exportations de marchandises chinoises, et donc les profits, aient augmenté, la part des profits consacrée aux salaires diminue depuis deux décennies. La part du produit intérieur brut national correspondant aux salaires a culminé à 56,5 % en 1983, pour baisser jusqu’à 36,7 % en 2005. En 2009, le salaire annuel moyen des travailleurs en Chine était de 6 500 $, soit le 127e plus bas au monde. Les pneus sont exportés au Japon, où ils sont installés sur des voitures qui sont destinées au marché nord américain, et dont l’une finit par aboutir chez vous.
Pour en apprendre plus : La Chine se rue sur le caoutchouc au Laos