Lorsque Baltej Singh Dhillon est accepté dans la Gendarmerie royale du Canada (GRC), il doit choisir entre ses fonctions et sa religion. Pour travailler dans la GRC, il faut avoir un visage bien rasé et porter l’uniforme, notamment la coiffe fournie. Il choisit de se battre pour ses droits religieux.
Baltej Singh Dhillon naît et grandit en Malaisie. En 1983, à l’âge de 16 ans, il immigre au Canada. Après avoir terminé ses études secondaires, il étudie la criminologie. En 1988, il pose sa candidature à la GRC et satisfait aux exigences d’entrée. On lui demande alors s’il accepterait de ne plus porter son turban en faveur du képi ou du chapeau de feutre Stetson. Il refuse et ne peut donc entrer en service en raison du non-respect du code vestimentaire. Dhillon fait appel au commissaire de la GRC et, en avril 1989, ce dernier recommande l’interdiction de porter le turban.
L’affaire suscite un débat enflammé et des protestations dans tout le pays. Bon nombre de Canadiennes et de Canadiens pensent que la tradition a été sacrifiée, tandis que d’autres avancent l’argument que porter un turban pourrait causer du tort à l’agent, notamment un manque de respect ou même un étranglement par un assaillant avec son propre turban. Ils sont nombreux à arguer que la Charte canadienne des droits et libertés accorde aux Canadiennes et aux Canadiens la liberté de religion ainsi que le droit à l’égalité ainsi que celui de ne pas souffrir de discrimination associée à leur race ou leur religion.
Il faut des mois pour que, finalement, le gouvernement fédéral lève l’interdiction. Ainsi, le 15 mars 1990, le procureur général Pierre Cadieux dévoile son règlement autorisant le port du turban. Dhillon commence sa formation policière à Regina et il obtient son diplôme en 1991. Sa détermination a modifié l’image emblématique de la gendarmerie canadienne.
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Baltej Singh Dhillom