Le pluralisme (connu aussi sous le nom de multiculturalisme) est une valeur importante au Canada. Il est fondé sur le principe qu’il est possible de trouver force et unité à travers la diversité, et que chaque individu en vaut un autre et a le droit de participer comme un membre à part entière de la société. Tout au long de l’histoire du pays, l’accommodement de la diversité régionale, ethnique, linguistique et religieuse a toujours été une priorité, et des valeurs telles la liberté, la démocratie et les droits de la personne ont été abordées à travers un dialogue continu entre différentes cultures et communautés.
Le Canada: une société pluraliste
On peut dire que le Canada a toujours été une société pluraliste; même avant l’arrivée des Européens, plusieurs groupes autochtones culturellement et linguistiquement différents habitaient le pays. Les colons européens sont venus ajouter à cette diversité, tout comme les nombreux groupes culturels qui ont immigré au Canada sur une grande échelle après la seconde guerre mondiale. Dès le début, il était donc difficile de définir le Canada sur la base de son homogénéité ou d’une identité nationale, puisque la diversité est ce qui le caractérise réellement.
Dans les années 1960, le débat sur la place du Québec au sein du Canada incite le gouvernement à apporter un changement important à la législation, et le Canada devient le premier pays au monde à déclarer le multiculturalisme comme politique d’État. Le multiculturalisme va de pair avec la démocratie, puisque les principes d’égalité et de liberté les caractérisent tous deux. Le pluralisme au Canada est ancré dans la législation, les institutions et les politiques qui prônent la participation de tous et chacun dans la société. Le Canada n’est pas un creuset culturel (« melting pot ») ; on y encourage plutôt les citoyens à conserver leur héritage culturel, linguistique et religieux.
L’immigration et les principes démocratiques
Présentement, le Canada est le pays au monde avec le taux d’immigration le plus élevé, et il compte plus de 200 communautés ethnoculturelles, dont plusieurs d’origine culturelle asiatique. La majorité des immigrants asiatiques se sont installés au pays après la seconde guerre mondiale, lorsque que les restrictions contre l’immigration asiatique ont été levées après plus de deux décennies d’exclusion. À partir du moment où ils ont commencé à arriver au XIXe siècle, et pendant presque toute la première moitié du XXe siècle, la plupart des Canadiens d’origine asiatique se sont vu refuser le droit de vote aux élections provinciales et fédérales. Avec l’élargissement du droit de vote aux Canadiens d’origine japonaise en 1948, la dernière mesure législative privant les Asiatiques du droit de vote a été abolie. Les Canadiens d’origine asiatique comptent présentement pour 11 p. cent de la population canadienne ; ils constituent le plus large groupe minoritaire au pays et celui qui croît le plus rapidement. Les Canadiens asiatiques apportent beaucoup au pays, tant au niveau de l’histoire, de l’économie que de la culture, et ils changent également le visage des métropoles, telles Vancouver, Toronto et Montréal, où ils se concentrent en plus grands nombres.
Le pluralisme au Canada n’est pas sans failles. Par exemple, plusieurs immigrants ou leurs enfants sentent qu’ils sont toujours la cible de racisme et de préjugés. Bien que le respect pour les traditions et coutumes des autres cultures soit une valeur essentielle du pluralisme, il existe encore inévitablement des divergences fondamentales d’opinions entre différents groupes, qui sont parfois opposées et difficiles à concilier dans une société démocratique. C’est particulièrement le cas en ce qui concerne les croyances et pratiques religieuses. Le crime raciste (comme les guerres de clans par exemple) fait aussi partie de la réalité canadienne. De plus, les immigrants au Canada, même ceux de la deuxième ou troisième génération, entretiennent souvent des liens étroits avec leur culture d’origine et ont de la difficulté à trouver un équilibre entre deux identités culturelles qui peuvent sembler opposées. Certains se sentent aliénés de leur identité réelle dans différents contextes comme à l’école par exemple, où des sujets reliés à leur propre culture ou histoire ne sont pas nécessairement abordés dans le cadre des programmes en place.
Le pluralisme et la démocratie pures demeurent donc toujours des idéaux canadiens, et davantage de dialogue, de compréhension et de compromis sont encore nécessaires pour que ces valeurs prennent de la force et unissent les Canadiens de toutes origines culturelles. Néanmoins, le pluralisme au Canada demeure un exemple et une source d’inspiration pour le reste du monde. En 2006, le Centre mondiale du pluralisme a été établi à Ottawa parce que le Canada est considéré comme l’une des sociétés pluralistes les plus fructueuses du monde et gère bien sa diversité.
Pour en apprendre plus:
Multiculturalisme dans L'Encyclopédie canadienne
Loi sur le multiculturalisme canadien