L’islam est l’une des grandes religions du monde et l’une des religions qui se répandent le plus rapidement au Canada et ailleurs. Ses adeptes se trouvent surtout en Asie du Sud, Centrale et du Sud Est, au Moyen Orient ainsi qu’en Afrique du Nord et de l’Est, mais on en retrouve dans le monde entier.
Les préceptes de l’islam
Le mot « islam » est la translittération d’un mot arabe qui signifie soumission, obéissance ou paix. Les adeptes de l’islam, appelés musulmans, doivent se soumettre à la volonté révélée du Dieu unique, Allah, et vivre dans la droiture et l’obéissance. Les préceptes de l’islam sont fondés sur le livre d’Allah, le Qur'ān (Coran), le texte sacré que les musulmans considèrent comme la révélation de Mahomet, le dernier grand prophète. Mahomet, qui a vécu au 7e siècle, est considéré comme le successeur des prophètes précédents comme Abraham, Moïse et Jésus, qui ont tous eu des révélations du même message divin pour guider et aider l’humanité.
Les pratiques religieuses islamiques
Les musulmans doivent respecter les exigences de la charia, le système éthique et juridique islamique des droits et des responsabilités. La charia est dérivée principalement du Coran et de l’exemple de Mahomet. La pratique du culte repose sur cinq obligations, appelées « piliers de l’islam », que tous les adeptes doivent respecter : la profession de foi (se traduisant ainsi : « Je témoigne qu’il n’y a de vraie divinité que Dieu [Allah] et que Mahomet est son messager. »), les cinq prières quotidiennes, qui doivent être précédées d’ablutions (purification); l’aumône annuelle, qui témoigne de l’engagement envers Dieu et la communauté; le jeûne pendant le mois sacré du ramadan; un pèlerinage à la ville saoudienne de La Mecque une fois dans la vie. Ces rituels doivent être accomplis comme des actes volontaires de dévotion plutôt que comme de simples coutumes et ils doivent rappeler aux croyants leur relation avec Dieu.
Le lieu de culte islamique, la mosquée, se caractérise souvent par un vaste intérieur ouvert, un toit en forme de dôme et un minaret (tour), d’où le muezzin (crieur) lance l’appel à la prière. Les prières ont lieu tous les jours, et les musulmans se réunissent le vendredi pour une prière commune et un sermon. La première mosquée canadienne a été construite à Edmonton en 1938.
L’islam au Canada
Les immigrants musulmans sont arrivés au Canada en provenance de différents pays à différents moments, par suite des changements apportés à la politique canadienne d’immigration ainsi que de la situation qui régnait dans leur pays d’origine et les incitait à partir. Les premiers sont venus avant les années 1930, de pays comme le Liban, l’Albanie, la Syrie, la Yougoslavie et la Turquie, et se sont installés principalement en Ontario, en Alberta, puis au Québec. Ceux qui sont arrivés après la Deuxième Guerre mondiale ont émigré des mêmes régions, mais aussi de l’Indonésie, du Maroc, de la Palestine, de l’Égypte, de l’Iraq, de l’Inde, du Pakistan et du Bangladesh. Beaucoup étaient des professionnels occidentalisés très instruits. Dans les années 1960 sont venus des travailleurs moins qualifiés, d’origine indo-pakistanaise, qui fuyaient la discrimination dont ils étaient victimes en Afrique de l’Est et ailleurs. Plus récemment, les immigrants musulmans ont compté parmi eux des travailleurs non qualifiés en provenance de régions dévastées par la guerre, comme le sud du Liban, la Somalie et les Balkans, ainsi que des réfugiés politiques de l’Iran et de l’Afghanistan. La plupart des musulmans au Canada vivent dans des régions urbaines, notamment à Toronto, à Montréal et à Vancouver. Les musulmans canadiens forment une communauté diversifiée de différentes origines ethniques et langues maternelles.
Une grande majorité de musulmans, au Canada et à l’étranger, sont des sunnites, tandis que les autres adhèrent au chiisme. Les différences entre les groupes résident notamment dans le leadership de la foi, mais aussi dans des aspects qui découlent en grande partie de la divergence d’origine. Il existe aussi d’autres divisions au sein de ces deux branches de l’islam.
Les immigrants musulmans ont parfois de la difficulté à intégrer les pratiques islamiques dans leur vie. Par exemple, ils doivent souvent prendre des dispositions particulières avec les employeurs et les écoles au sujet de leurs horaires de prières et fêtes religieuses. Les restrictions alimentaires islamiques concernant l’abattage de la viande ainsi que l’interdiction de consommer du porc et de l’alcool sont parfois perçues comme des obstacles à l’intégration sociale. Dernièrement, certains musulmans ont par ailleurs avancé que le système juridique canadien ne leur permettait pas de respecter la charia. L’Ontario a étudié la possibilité d’autoriser, dans certains cas, un « arbitrage basé sur la religion », mais les craintes et les réactions défavorables du public ont rapidement mis fin à cette idée.
Les tensions entre les Canadiens musulmans et la société canadienne quant au rôle traditionnel des sexes selon l’islam sont évidentes, et des événements politiques impliquant des musulmans du monde entier ont aussi causé des tensions sociales. Notamment, les attentats du 11 septembre 2001 aux États Unis ainsi que les guerres subséquentes en Afghanistan et en Iraq ont entraîné un malaise public quant aux extrémistes islamiques. Cependant, la communauté musulmane au Canada déploie des efforts pour favoriser une compréhension mutuelle et renseigner les autres Canadiens sur les contributions islamiques à la culture, à la science et aux arts. En 2010, l’Aga Khan, un grand chef musulman, a reçu le titre de citoyen canadien honoraire.
Malgré ses difficultés, la communauté musulmane au Canada continue de grandir et de s’épanouir, tout en s’adaptant à la vie canadienne et en enrichissant le paysage culturel du pays.
Pour en apprendre plus : Les Religions au Canada