Le tsunami — qui vient du mot japonais, tsu qui veut dire ‘’port’’ et de nami qui veut dire ‘’vague’’ — survenu le jour du Boxing Day 2004, soit le 26 décembre, pourrait bien être considéré comme la première catastrophe d’une ampleur vraiment « mondiale ». La dévastation provoquée par le tremblement de terre survenu sous l'océan Indien et le tsunami qu'il a déclenché a touché plus d'une dizaine de pays et emporté la vie de gens provenant du monde entier. La planète, unie dans le deuil, s'est aussi serrée les coudes dans la mise en branle des secours.
Se sont ajoutés au deuil ressentit intimement par les Canadiens, le nombre de leurs compatriotes qui ont péri ou qui ont été portés disparus, essentiellement des touristes qui voyageaient en Thaïlande. Dans son allocution à l'occasion de la cérémonie nationale organisée en mémoire des victimes du tsunami, le premier ministre Paul Martin livrait ainsi son témoignage : « (…) de par la nature de notre pays, l'effet des raz-de-marée mortels en Asie se fait sentir ici au Canada. Des milliers de Canadiens (…) sont bouleversés par les dévastations qui affligent les pays qu'ils ont quittés, mais qu'ils n'ont jamais délaissés… »
Au quotidien, bon nombre de Canadiens sont en relation avec des personnes qui ont des liens, familiaux ou autres, avec l'Asie. Ils connaissent peut-être un voisin ou un collègue, ou des camarades de classe de leurs enfants, qui ont perdu des membres de leur famille, immédiate ou élargie. Parmi les immigrants provenant des pays asiatiques touchés par le tsunami, certains ont été particulièrement affectés par ce deuil : ceux de l'Inde, dont, la majorité appartenait à la catégorie du « regroupement familial », et ceux du Sri Lanka dont le tiers sont aussi venus au pays pour y retrouver leur famille. En raison de la vague d'immigration sri lankaise ayant débuté dans les années 1990, aucune ville à l'extérieur du Sri Lanka ne compte autant de Sri Lankais que Toronto. Au contact de ces gens et de leurs communautés, les Canadiens prennent toute la mesure de l'ampleur des pertes.
Quand ils songent à l'afflux mondial des dons destinés aux secours et à la reconstruction, certains se demandent si une telle générosité demeurera un fait isolé ou si elle témoigne d'un réel changement dans la volonté de prêter une assistance plus soutenue à ceux qui sont dans le besoin. Bien sûr, à l'ère des communications « instantanées », la couverture médiatique de la tragédie a pris une dimension « mondiale ». Pensons seulement à l’attention des médias tournés vers le site du désastre lorsque le Japon fut dévasté par un tsunami en mars 2011 et au soutien et aide qui furent prodigués en conséquence.
La question à laquelle il faut maintenant répondre est celle-ci : cette « mondialisation » s'étend-elle à notre conscience des problèmes de notre planète et à notre volonté d'y trouver des solutions?
Pour en apprendre plus : Tsunami: les risques d'une reconstruction trop rapide