Le sikhisme est une des grandes religions du monde et est né dans la région du Punjab, en Asie du Sud Est. C’est un système de croyances qui a des aspects ethniques et politiques et représente les gens et la culture du Punjab.
La théologie sikhe
Le maître fondateur du sikhisme est le gourou Nanak, qui voyage et enseigne au début des années 1500. Sa théologie intègre des idées de l’hindouisme et d’autres traditions, mais en diffère de façon importante. Nanak croit en un seul Dieu et enseigne que tous peuvent obtenir le salut en se dévouant à Dieu et en menant une vie morale et d’abnégation. Ses préceptes seront développés par neuf gourous au fil des deux siècles suivants. Le dernier de ces gourous transfère de façon permanente le leadership spirituel de la foi au livre saint des sikhs, qu’il appelle Guru Granth Sahib. De nos jours, ce livre sacré demeure le fondement moral et spirituel du sikhisme, et les sikhs n’ont aucun gourou vivant.
Les pratiques religieuses sikhes
Les temples sont les institutions communautaires de base des sikhs canadiens; le premier temple sikh, ou gurdwara (« porte du guru »), est établi au Canada en 1908. L’office du dimanche est au cœur des célébrations religieuses publiques et il est souvent suivi d’un repas communal gratuit. Le culte inclut des prières, la lecture de textes sacrés, le chant d’hymnes et la méditation. Il est de coutume pour les fidèles de se couvrir la tête, d’enlever leurs chaussures et de se laver les mains et les pieds avant d’entrer dans le temple. Les hommes et les femmes sont habituellement séparés, mais les hommes, les femmes et les enfants participent tous pleinement aux célébrations dans le temple et à la maison.
Les dévotions personnelles, comme les bains rituels, les prières et la méditation, sont très importantes dans la vie sikhe. Les familles sikhes lisent ensemble des passages des textes sacrés. Les sikhs ne doivent pas consommer de tabac ni d’alcool, voler, pratiquer des jeux de hasard ni commettre l’adultère.
Il existe différents degrés d’observance chez les sikhs. Le khalsa (« fraternité des Purs »), établi en 1699 par le dernier gourou, met l’accent sur une stricte observance des pratiques de dévotion et l’adhésion à des principes moraux élevés; par ailleurs, il est interdit aux sikhs du khalsa de se couper les cheveux et la barbe, et ils doivent porter une dague (kirpan).
Le sikhisme au Canada
Les sikhs constituent l’un des groupes religieux non chrétiens les plus importants au pays, et près de la moitié d’entre eux vivent en Colombie-Britannique. Les quelque 5000 premiers sikhs viennent du Punjab au début des années 1900. Ils sont en butte à la discrimination et l’objet d’une interdiction catégorique d’immigrer en 1908, et plus de la moitié d’entre eux retournent en Inde ou émigrent aux États Unis. Les politiques d’immigration discriminatoires du Canada sont contestées, peut être de la façon la plus spectaculaire en 1914, lorsque le Komagata Maru arrive au port de Vancouver avec plus de 300 immigrants sud asiatiques à son bord. Après deux mois d’attente dans le port, le navire se voit forcé de retourner en Asie. Dans les années 1920, le Canada permet à un petit nombre de femmes et d’enfants d’immigrants sud asiatiques d’entrer au pays, mais l’émigration se poursuit, et la population sikhe continue de diminuer. Un certain nombre de temples sont tout de même fondés en Colombie-Britannique pendant cette période.
Les lois sur l’immigration sont révisées, et l’immigration des sikhs au Canada augmente dans les années 1960. Beaucoup d’immigrants sikhs de cette époque sont urbains, éduqués, occidentalisés et moins fidèles aux traditions que leurs prédécesseurs. Ces différences provoquent parfois des tensions dans les temples, ce qui mène à l’établissement de temples plus ou moins conservateurs. La plupart des grandes villes canadiennes comptent maintenant plusieurs temples, qui reflètent les différentes tendances religieuses, sociales et politiques de leurs membres. Ces temples entretiennent souvent des rapports informels.
Les sikhs ne respectent pas tous les conventions les plus strictes de leur religion, et au cours de l’histoire canadienne, les sikhs s’adaptent aux normes du Canada, par exemple en se coupant les cheveux et la barbe. Toutefois, de nombreux sikhs s’en tiennent toujours aux exigences traditionnelles et rigoureuses de la foi. Le port du turban et de la dague cérémoniale est parfois source de controverse, tant dans l’enseignement que dans les lieux de travail. Plusieurs tribunaux canadiens doivent se colleter avec le problème de l’équilibre entre la liberté religieuse et les normes de sécurité publique (qui, par exemple, interdisent souvent les couteaux dans des lieux comme les salles de classe).
La conscience ethnique et les luttes politiques sont des aspects du sikhisme depuis des siècles. En fait, le dernier gourou était un chef à la fois spirituel et militaire. Les sikhs ont été opprimés par les musulmans, et les relations entre les sikhs et les hindous ont parfois été tendues. Les sikhs canadiens ont été touchés par le mouvement nationaliste en Inde pour un état sikh indépendant. Il y a eu au Canada des manifestations contre le gouvernement indien, et certains sikhs canadiens apportent un appui financier au mouvement séparatiste en Inde.
Le sikhisme accorde une grande importance à la vie en famille, à la philanthropie, au service et à la défense de la foi. Les familles et les temples enseignent souvent la religion et le punjabi aux enfants sikhs. Les temples sont le plus souvent gérés par des bénévoles et fournissent de l’aide et du soutien aux membres de la communauté. L’activisme social et politique, comme la lutte au début des années 1900 pour faire modifier les politiques d’immigration injustes, est aussi organisé par l’intermédiaire des temples.
Sur les plans politique, religieux et culturel, de nombreux sikhs maintiennent des liens solides avec l’Inde, tout en s’adaptant de façon unique à la vie au Canada; ils constituent aujourd’hui une communauté forte et grandissante.
Pour en apprendre plus : L'immigration au Canada