La réalisatrice Deepa Mehta est née à Amritsar, en Inde et a passé son enfance à visionner des films, son père étant un distributeur de films. Après avoir terminé une maîtrise en philosophie à l’Université de New Delhi, elle débute sa carrière en tant que scénariste de films pour enfants. Elle immigra au Canada en 1973.
Ses films provocants au contenu affectif universel lui valent une reconnaissance internationale. Dès son premier long métrage, Sam and Me (1991), qui raconte l'amitié entre un immigrant indien et un vieux Juif à Toronto, et comme dans d'autres de ses films, D. Mehta crée une œuvre qui nous représente l'émotion à travers une image exubérante. Pour ce film, elle bénéficie d'un montant de 11 millions de dollars, le budget canadien le plus élevé jamais octroyé à une réalisatrice à cette époque.
Les sujets controversés de Deepa Mehta
Les films de Deepa Mehta présentent des conflits humains personnels dans un style naturaliste, soutenu par une bande sonore aux rythmes hypnotiques. Avec le compositeur A. R. Rahman et l'acteur vétéran Kulbhushan Kharbanda, notamment dans sa trilogie des « éléments », Mehta insuffle un profond symbolisme en représentant des situations potentiellement dangereuses. Fire (1996), qui met en scène deux belles-sœurs mal-aimées qui se réconfortent mutuellement, est le premier film de la trilogie à susciter la controverse. Le film, qui traite du lesbianisme et du déséquilibre du pouvoir entre époux dans une Inde contemporaine, est à la fois décrié et acclamé.
Earth (1998), gagnant de trois prix Gémeaux, est une histoire d'amour entre amis de diverses religions qui se battent pendant la séparation de l'Inde et du Pakistan en 1947. Cependant, Deepa Mehta ne se laisse pas impressionner par la controverse et produit Water (2005), le dernier film de la trilogie, qui est mis en nomination pour neuf prix Génie, et un Oscar en 2006. Le film, qui raconte la vie de veuves marginalisées et ostracisées de régions conservatrices de l'Inde, subit de nombreux retards en raison des menaces proférées à l'endroit de Mehta par des protestataires violents; ces derniers détruisirent également des décors dans la ville sainte de Varanasi, où se trouvent encore des « maisons de veuves ». Le tournage s'est poursuivi, mais au Sri Lanka et sous le pseudonyme River Moon.
Bien que le Bureau de censure de l'Inde accepte intégralement la production transnationale des trois films de la trilogie, beaucoup de dirigeants religieux conservateurs considèrent Deepa Mehta comme une menace occidentale à la culture indienne. Pourtant, D. Mehta se dit de respecter des cinéastes sociaux comme Satyajit Ray, Ozu Yasujiro et Vittorio de Sica et remet en question les traditions culturelles par le biais de l'art pour briser les stéréotypes et permettre aux individus de s’exprimer.
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