Fred Wah, poète, , érudit, et activiste, est né a Swift Current, Saskatchewan, dans une famille interraciale d’un parent d’origines chinoise, irlandaise et écossaise et d’un parent d’origine scandinave. Wah grandit dans la région de West Kootenay, en Colombie-Britannique où, suite à l’obtention de son diplôme à l’Université de la Colombie-Britannique, où il fait partie des rédacteurs qui fondent TISH, revue influente sur la poésie, il étudie et enseigne aux États-Unis avant d’entreprendre une longue carrière à l’Université de Calgary.
Wah publie son premier livre de poésie, Lardeau, en 1965. Dans ses premiers poèmes, Wah ne parle pas explicitement de race ni d’ethnicité. Toutefois, au début des années 1980, il commence à écrire sérieusement sur des questions concernant le fait d’être chinois, notamment dans les recueils Owner’s Manual (1981), Breathin’ My Name with a Sigh (1981), Grasp the Sparrow’s Tail (1982) et Waiting for Saskatchewan (1985). La longue quête de son héritage patrilinéaire le pousse à se rendre en Chine, où il réalise l’importance de l’hybridité de sa famille, de son identité unique, à la fois canadienne-locale et chinoise-diasporique-transpacifique. La publication de son « biotexte » Diamond Grill fait de lui un important écrivain canadien d’origine asiatique, et non plus seulement un grand poète canadien.
Vivre dans le trait d’union
Wah remporte le le prix Dorothy-Livesay en poésie (2010) avec is a door. À cette occasion, il résume ainsi sa carrière en poésie : « Mes écrits sont nourris, principalement, par deux intérêts : l’hybridité raciale et le local, le paysage des Kootenays, région du sud est de la Colombie-Britannique : ses montagnes, ses lacs et ses forêts. » [traduction libre]. La majorité des critiques de la poésie de Wah le considèrent toujours comme appartenant à la tradition issue du mouvement de TISH et des poètes de la langue. Il s’agit d’une approche qui est, dans une certaine mesure, encouragée par Wah, qui parle souvent de théorie postmoderne et poststructuraliste dans ses écrits critiques. Cependant, dans les essais figurant dans Faking It: Poetics and Hybridity (2000), Wah met en avant son intérêt pour la racialisation (le fait d’être perçu comme appartenant à une race), sujet qui apparaît dans les années 1990. Il estime qu’il fait partie d’un groupe d’« écrivains canadiens d’origine asiatique… [qui] cherchent à réparer et à réécrire le racisme colonisateur des idéologies transnationales occidentales » [traduction libre]. Il renie le concept blanc, centriste et dominant de la littérature canadienne et associe son nouvel intérêt pour la race et l’ethnicité à son ancien pour le « local », la subjectivité de l’« endroit » : « Là où l’on est, ici, est qui l’on est » [traduction libre]. Il explore son héritage interracial, son hybridité et son identité à trait d’union en détail dans Diamond Grill : « Beaucoup d’entre nous ont grandi comme des étrangers résidents, vivant dans le trait d’union… C’est peut être la réponse à ce pays. Si vous êtes pur, peu importe d’où, vous ne pouvez être Canadien. Nous garderons ce nom pour tous les sangs mêlés. » [traduction libre]
Pour en apprendre pus : Fred Wah dans L’Encyclopédie canadienne