Denise Chong

L’écrivaine Denise Chong, lauréate de prix littéraires (photo de Danielle Schaub)

Denise Chong, est une auteure renommée et commentatrice sur l’histoire canadienne. La visite de sa mère dans son village ancestral à Guangdong a été la source d’inspiration pour son livre reconnu, The Concubine's Children (1994). Il s'agit de l'histoire de sa grand-mère, May Ying (la concubine), de sa mère, Hing, et de leur vie dans les quartiers chinois de la Colombie-Britannique. Le livre relate l'histoire des membres de sa famille restés en Chine et veut rendre hommage à la contribution qu’apportent les immigrants dans un pays qui peut-être, ne les aura pas accueillis des plus chaleureusement, mais qui leur aura permis de reconstruire leur vie.

Le deuxième des plus importants livres de Denise Chong, La fille de la photo (The Girl in the Picture) (2000), est la biographie de Kim Phuc, cette jeune Vietnamienne qui a été gravement brûlée dans une attaque au napalm, en 1972. La photographie de cette fillette nue, courant sur une route dévastée, est devenue un symbole de la guerre du Vietnam. Le livre de D. Chong est un récit de la vie de Kim Phuc et de son établissement au Canada.

Egg on Mao (2009) raconte l'histoire de Lu Decheng, de Liuyang, en Chine, qui immigra au Canada. Il fut emprisonné pendant 16 ans pour son action: il avait lancé des œufs remplis de peinture sur le portrait de Mao pendant les manifestations en faveur de la démocratie sur la place Tiananmen en Beijing. Son geste audacieux nous permet de jeter un certain regard sur les droits de l’homme.

Extrait de : Egg on Mao

Le 15 juin, après le repas du soir, des gardes sortirent Decheng de sa cellule. Des officiers qui l’attendaient lui mirent, brutalement, les menottes. Ils le poussèrent et le traînèrent dans la nuit. Plusieurs camions de l’armée, toits en canevas, attendaient à l’intérieur de l’enceinte de la prison. Se tenaient non loin, des soldats casqués, transportant fusils et baïonnettes. Les ravisseurs de Decheng lui ordonnèrent de se prosterner sur le sol, derrière un camion. Un après l’autre, les soldats grimpèrent sur lui comme sur un marchepied, pour entrer à l’intérieur du véhicule. Ensuite, le dernier à monter le tira à l’intérieur, le projetant face à terre entre les bancs situés de chaque côté. Les soldats l’utilisèrent alors comme tabouret, leurs bottes sur son dos, le pressant contre le plancher sale; Dechend était persuadé que l’armée, secrètement, allait l’exécuter. Il savait très bien comment on achevait les condamnés : à genoux sur le sol, tête penchée, une balle tirée à l’arrière de la tête. Sauf que, dans son cas, personne sauf l’armée, ne saurait qu’il avait été tué, seulement qu’il avait disparu. Étrangement, il se sentit vide d’émotion, s’agrippant seulement à la seule conviction possible, la mort.

Vingt minutes plus tard, le camion de l’armée s’arrêta. Le moteur se réduisit au silence.
On sortit Decheng, les soldats piétinant leur prisonnier en descendant. Soudain, une brillante lumière perça la noirceur. Decheng put apercevoir d’autres camions regorgeant de soldats et parmi eux, deux prisonniers menottés, Zhijian et Dongyue. Tout à coup, ils se retrouvèrent illuminés, comme lui, par une équipe de cinéma qui filmait leur arrivée.

Pour en apprendre plus :Affaire de plagiat au sein de l'élite littéraire sino-canadienne