Équité et tolérance

En 1957, Douglas Jung devient le premier Canadien d'origine chinoise à entrer au Parlement du Canada . (Avec la permission de The Province, Vancouver)

Une fois la citoyenneté canadienne accordée aux Chinois et aux Indo-Canadiens admissibles en 1947, puis aux Japonais en 1948, cette barrière que représente la discrimination se lève peu à peu. Avec l'obtention de la citoyenneté vient aussi la possibilité d'exercer une profession dans les domaines du droit, du génie ou de la pharmacie, ou encore d'exercer une charge publique. En 1957, le premier Canadien d'origine asiatique est élu à la Chambre des communes. Il s'agit de l'avocat Douglas Jung — qui a été nommé par son père en l'honneur de la rue Douglas, l'artère principale de Victoria. Comme ses deux frères, Douglas est un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale. À l'image des Jung, bien des familles asiatiques d'ici ont déjà des liens plus étroits avec le Canada qu'avec tout autre pays. De nombreuses familles en sont même à la deuxième, voire à la troisième génération, dont l'anglais est la langue maternelle.

La démarche canadienne vers une société équitable et tolérante s'inscrit dans le courant mondial qui prône un respect accru des libertés individuelles et des droits de la personne. C'est d'ailleurs un Canadien, John Humphries, qui rédige la version préliminaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée en 1948. Lester Pearson, qui deviendra premier ministre du Canada, effectue un mandat à la présidence de l'Assemblée générale des Nations Unies et se voit décerner le prix Nobel de la paix en 1957. Puis, en 1960, le Parlement canadien adopte la Déclaration canadienne des droits du premier ministre John Diefenbaker, y enchâssant les libertés fondamentales auxquelles ce dernier croit depuis l'époque de ses études.

C'est en 1962 que le Canada amorce le démantèlement de sa politique d'immigration visant à exclure les non-Blancs, quand il retire la mention « pays d'origine » de ses critères de sélection. Toutefois, il faudra attendre 1967 pour que les autorités bannissent des politiques en matière d'immigration toute trace de discrimination fondée sur la race ou la nationalité. Depuis, les immigrants potentiels ne sont jugés qu'en fonction du système de points d'appréciation mis en place à cette époque, lequel évalue leur niveau d'instruction, leur degré de connaissance de la langue anglaise ou française, leur âge et autres renseignements personnels. On cherchera aussi à établir une adéquation entre leurs compétences et les besoins du pays en main-d'oeuvre. L'année 1967 aura donc marqué le début de la transition d'une immigration canadienne essentiellement européenne vers une immigration non européenne. De toute façon, l'Europe, de son côté, est en pleine modernisation à cette époque et les Européens deviennent beaucoup moins enclins à vouloir émigrer.

Pour en apprendre plus : Universal Declaration of Human Rights