Profil de la communauté asiatique au Canada

Des étudiants canadiens d’origine asiatique rassemblés à l’Université of Western Ontario (avec la permission de Joey de Villa).

L'histoire multiculturelle du Canada s'étend désormais sur plusieurs générations. Si les différents groupes ethniques ne sont pas venus en nombre égal ni au même moment, ce qui se traduit par des différences en matière d'acculturation, le visage asiatique du Canada fait désormais partie intégrante de la réalité multiculturelle et multiethnique de la société canadienne.

La participation des Asiatiques dans la vie de l'ensemble du Canada est en plein essor, d'abord parce que les barrières discriminatoires commencent à se lever — particulièrement après la Seconde Guerre mondiale — et ensuite parce que les Asiatiques forment une part de plus en plus importante de la population. Les réalisations considérées comme des « premières » asiatiques dans des domaines jusque-là dominés par les Blancs, ne passent pas inaperçues. Pensons aux premiers Asiatiques qui exercèrent certaines professions ou fonctions officielles. Toutefois, ce sont les immigrants de la première génération, ceux dont les réalisations leur vaudront reconnaissance et louanges dans des domaines aussi divers que les sports, les sciences, les affaires ou la littérature, qui ont été et qui constituent encore le reflet de la société canadienne à l'échelle mondiale. Sans oublier ces voix qui se font entendre : celle du romancier Michael Ondaatje (Le patient anglais, Le fantôme d'Anil) et Rohinton Mistry (Such a Long Journey) qui évoque ce qui tient peut-être à une certaine sensibilité canadienne, cette capacité de parler avec autant d'à-propos de ce qui se passe au loin, que près de chez soi.

L'inclusivité dont fait preuve le Canada à l'égard des groupes minoritaires est en constante évolution. Que les minorités visibles fassent partie de la population, c'est une chose, mais qu'elles aient la chance de participer activement à la vie quotidienne et de jouir d'une représentation équitable, tant au travail qu'aux loisirs, c'en est une autre. En fait, un survol des postes annoncés dans les journaux révèle que bon nombre d'organisations, des gouvernements aux universités en passant par les forces policières et les grandes sociétés, admettent communément qu'il reste du chemin à parcourir. Beaucoup prévoient du personnel, des programmes, voire des postes, consacrés à la promotion de la diversité et à « l'équité en emploi » (loi fédérale consistant à assurer la juste représentation des femmes, des minorités visibles, des Autochtones et des personnes handicapées).

À mesure que les groupes d'immigrants gagnent en assurance dans leur terre d'adoption, leurs membres se montrent plus enclins à prendre part et à contribuer, à la vie culturelle de la société, eux qui avaient reporté toute leur attention sur le travail et la sécurité économique, gages de leur survie. Sur la scène artistique canadienne, les auteurs d'origine asiatique, qui commencent à paraître dans les années 1960, convient les lecteurs à un véritable festin littéraire. Depuis la fin des années 1990, plusieurs villes canadiennes célèbrent en mai le Mois du patrimoine asiatique, sur fond de lectures, de présentations cinématographiques et de spectacles.

Pour en apprendre plus:
Multiculturalisme
Loi sur le multiculturalisme canadien