Émigrants et immigrants

Groupe de ressortissants des Indes orientales à la gare de la Canadian Pacific Railway (aujourd'hui CP Rail), à Frank (Alberta) en 1903. (Photographie : M.T. Good. Avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/PA-125113)

Mis à part les peuples autochtones, la population canadienne est avant tout issue de l'immigration. Ce n'est pas toujours facile de prendre la décision de quitter son pays pour aller s'installer ailleurs, surtout si on doit laisser derrière soi tout son cadre familier pour aller commencer une nouvelle vie.

Les gens quittent leur pays d'origine lorsque les conditions difficiles qui s'y trouvent les poussent à le faire : guerre, pauvreté, catastrophes naturelles… Ou alors parce que des conjonctures plus avantageuses les attirent ailleurs : espoir de s'enrichir, de vivre en paix et, pourquoi pas, d'habiter sous des latitudes plus clémentes (bon d'accord, ce n'est pas toujours le cas du Canada!). Pendant les années 1830, les immigrants arrivent en masse de la Grande-Bretagne, fuyant les difficultés économiques et la pauvreté dues aux guerres napoléoniennes; dans les années 1840, ils débarquent plutôt d'Irlande, poussés par la famine qui fait suite à la perte des récoltes de pommes de terre.

La prospérité aussi fait affluer les immigrants. Des Asiatiques suivront à la trace la ruée vers l'or, d'abord en Californie, puis ils pousseront jusqu'à la rivière Fraser, à Barkerville, en Colombie-Britannique, vers 1862. Par la suite, les propriétaires des chemins de fer embauchent des ouvriers chinois pour construire les voies. Plus tard, beaucoup d' hommes quitteront une Chine appauvrie en quête de travail à l'étranger, afin d'assurer l'avenir de leur famille restée au pays.

Bien que le Canada veuille stimuler l'immigration à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, le gouvernement ne se gêne pas pour exprimer sa préférence pour des immigrants européens et son antipathie à l'égard de ceux qui viennent d'Inde ou de Chine. Au début des années 1900, le gouvernement canadien envoie des représentants courtiser les Européens de l'Est qui sont sans terre, dans le but de les attirer vers les Prairies. Par contre, les nouveaux résidents chinois sont jugés indésirables et, comme on le fait déjà aux États-Unis, on tente, au moyen d'une taxe d'entrée, d'en limiter l'immigration, laquelle sera d'ailleurs, peu après, carrément interdite. Même si elle n'est pas exclue, l'immigration japonaise, quant à elle, est sévèrement limitée. Jusqu'à l'annulation de ces mesures discriminatoires au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, l'immigration au Canada reste très majoritairement européenne.