La confection de la soie

Des vers à soie se nourrissant de fraîches feuilles de mûrier (public domain).

Si l'on en croit une légende chinoise, c'est la femme de l'empereur Huang Di, Lei-tzu, qui fait la découverte de la soie alors qu'elle laisse tomber par mégarde dans son thé un des cocons qu'elle venait de cueillir sur un mûrier. Quand elle tente de le retirer de la tasse, un long filament continu se dévide. Que cette légende soit véridique ou non, on sait que la confection de la soie en Chine remonte à au moins 6000 ans.

Le grand mystère et toute la magie entourant la confection de la soie reposent sur les soins méticuleux accordés aux papillons et aux vers à soie, au contrôle de la température et à la préparation de leur nourriture : des feuilles de mûrier fraîches, hachées. Il s'agit d'un processus complexe, que les Chinois ont réussi à garder secret pendant des millénaires. C'est le bombyx du mûrier (Bombyx mori), un papillon nocturne aveugle, inapte au vol, qui est à l'origine de la soie. Il pond 500 œufs ou plus et meurt peu après. Bien qu'une centaine de ces œufs minuscules ne pèse qu'un gramme, ceux-ci produiront environ 30 000 chenilles, appelés vers à soie. Pour tisser leur cocon, ces chenilles sécrètent une substance gélatineuse de leurs glandes soyeuses, qui durcira au contact de l'air.

Après huit ou neuf jours dans un milieu chaud et sec, les cocons sont prêts à être dévidés. On les passe d'abord à la vapeur pour tuer les chenilles. Puis, on les trempe dans l'eau chaude pour détendre les filaments étroitement entrelacés. Chaque cocon est constitué d'un filament d'une longueur de 600 à 900 mètres. De cinq à huit de ces filaments extrafins doivent être joints par torsion pour produire un seul fil de soie.

Outre ses attributs de beauté et de légèreté, le tissu de soie a aussi la propriété de tenir au chaud quand il fait froid et au frais quand il fait chaud.

Le secret de la confection de la soie franchit d'abord les frontières de la Chine en 440, quand une princesse chinoise en fait sortir clandestinement des œufs de ver à soie en les cachant dans son chignon. Puis vers 550, deux moines nestoriens se présentent à la cour de Justin, l'empereur de Byzance, des œufs de ver à soie dissimulés au creux de leurs cannes en bambou. Ce n'est qu'au XIIIe siècle que l'Italie commence à produire de la soie, grâce à l'arrivée de 2000 tisserands qualifiés venus de Constantinople.

Les Chinois possèdent la soie, le jade, les épices et la porcelaine… autant d'objets de commerce convoités d'un bout à l'autre de la planète. De nos jours, bien que le nylon et d'autres fibres synthétiques aient remplacé la soie dans beaucoup de domaines, elle demeure une matière de luxe pour les vêtements et les recouvrements d'ameublement. À l'échelle mondiale, plus de 50 % de la soie est toujours produite en Chine.

Pour en apprendre plus : Histoire de la soie