Les Japonais

(créé par 7th Floor Media)

Les différentes vagues d’immigrants japonais au Canada, accompagnés de leurs enfants, ont différentes expériences au pays. Aujourd’hui, les Canadiens d’origine japonaise contribuent grandement à la vie culturelle, politique, économique et publique du Canada, mais dans le passé, de nombreux Japonais ont été victimes de discrimination et même de dépossession, d’internement et d’expulsion.

Les premiers immigrants japonais au Canada

La première vague d’immigrants japonais, appelés Issei (première génération), arrive de 1877 à 1928. La plupart s’installent en Colombie-Britannique et gagnent leur vie grâce à la pêche, à l’agriculture et aux usines de pâte à papier; d’autres se rendent en Alberta. Après 1928, le Canada impose des restrictions sévères à l’immigration japonaise, bien que ce ne soit pas la première tentative gouvernementale visant à décourager cette immigration.

Les Issei et leurs enfants nés au Canada, appelés Nisei (deuxième génération), sont en butte à une discrimination considérable. Ils sont exclus de nombreuses professions – parfois même en dépit de leurs études universitaires, comme c’est le cas de beaucoup de jeunes Nisei – et ils n’ont pas le droit de voter. Leurs salaires sont inférieurs à ceux des Blancs, et pendant la dépression des années 1930, ils connaissent une grande misère, car le gouvernement de la Colombie-Britannique limite leurs possibilités de pêche, leur refuse des permis d’exploitation forestière et souvent ne leur verse pas leur aide sociale. Les Canadiens d’origine japonaise tentent d’obtenir le droit de vote ou de démontrer leur loyauté envers le Canada en servant dans la Deuxième Guerre mondiale (ce que font plus de 200 hommes issei), mais en vain. Les Nippo-Canadiens, exclus de la société canadienne, forment leurs propres communautés, étroitement soudées, et mettent en place leurs propres institutions sociales, religieuses et économiques, y compris des salles de fêtes, des écoles, des hôpitaux, des églises chrétiennes et des temples bouddhistes, des syndicats et des coopératives.

Les actions du gouvernement fédéral pendant et après la Deuxième Guerre mondiale font éclater la communauté nippo-canadienne de Colombie-Britannique. Après les attaques du Japon à Pearl Harbor et à Hong Kong, le gouvernement canadien utilise la Loi sur les mesures de guerre pour retirer tous les Canadiens d’origine japonaise de la côte du Pacifique. Plus de 200 000 personnes – dont 75 % sont des citoyens canadiens – sont envoyées dans des camps de détention, des fermes, des camps de routes et des camps de prisonniers de guerre. Tous leurs biens, y compris leurs maisons, leurs commerces et leurs biens personnels, sont vendus. À la fin de la guerre, les Canadiens d’origine japonaise sont forcés de choisir entre une expulsion au Japon alors ravagé par la guerre ou une dispersion à l’est des Rocheuses. La plupart choisissent de se disperser et s’installent en Ontario, au Québec et dans les Prairies. Leur liberté est officiellement rétablie en 1949, mais peu retournent en Colombie-Britannique.

Dans les années 1950, les Canadiens d’origine japonaise se démènent pour reconstruire leur vie, mais ils ne parviennent pas à rebâtir leurs communautés, car ils sont dispersés dans le pays. La troisième génération, les Sansei (nés des années 1940 aux années 1960), grandit sans un fort sentiment d’appartenance à une importante communauté nippo-canadienne.

Les immigrants japonais au Canada après 1967

Après 1967, une nouvelle vague d’immigrants japonais commence à arriver, principalement en raison des modifications apportées à la Loi sur l’immigration. Ces immigrants sont généralement des hommes et des femmes instruits qui parlent anglais ou français et qui viennent de villes industrialisées. Beaucoup trouvent du travail dans le secteur des services et dans des métiers spécialisés.

Le mouvement de réparation

À la fin des années 1970 et dans les années 1980, on observe un mouvement croissant, tant dans la communauté nippo-canadienne qu’en dehors, en faveur d’une réparation des torts causés aux Canadiens d’origine japonaise lors de la Deuxième Guerre mondiale. En 1988, le premier ministre Brian Mulroney reconnaît les préjudices causés par le gouvernement fédéral et annonce l’indemnisation des personnes touchées. Par ailleurs, la Loi sur les mesures de guerre est révoquée et remplacée par la Loi sur les mesures d’urgence, qui limite certains des pouvoirs gouvernementaux qui avaient permis les mauvais traitements infligés aux Canadiens d’origine japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Les Canadiens d’origine japonaise de nos jours

Aujourd’hui, quelque 100 000 Canadiens d’origine japonaise vivent au Canada, surtout en Colombie-Britannique, en Ontario et en Alberta. Ils constituent un groupe diversifié qui participe à tous les aspects de la vie canadienne et travaille dans un large éventail de professions. Les immigrants des deux vagues, ainsi que leurs enfants, conservent et adaptent les compétences et les formes d’art propres au Japon, des arts martiaux et de l’ikebana (composition florale) au manga et au taiko.

Les relations entre le Canada et le Japon

Le Canada et le Japon entretiennent des relations bilatérales amicales depuis les années 1950 et sont aujourd’hui partenaires dans nombre d’importantes organisations politiques et économiques. Le Japon, qui est l’une des principales économies du monde, constitue un grand marché d’exportation pour les produits et les ressources du Canada, comme le charbon. Le Japon est aussi une source importante de biens importés, comme les voitures. Le tourisme ainsi que les échanges de travail et d’étudiants sont importants entre les deux pays, et il existe beaucoup de relations de villes sœurs entre des villes et des municipalités du Canada et du Japon.

Pour en apprendre plus : Canadiens d'origine japonaise