Les Indiens

(créé par 7th Floor Media)

L’Inde est un vaste pays d’Asie du Sud qui compte la deuxième plus importante population du monde et une diversité d’origines ethniques, de religions et de langues. Les immigrants indiens au Canada sont tout aussi diversifiés et constituent une communauté dynamique de plus d’un million de personnes. L’Inde est une démocratie parlementaire qui obtient son indépendance de la Grande-Bretagne en 1947 et qui, comme le Canada, fait partie du Commonwealth britannique des nations.

Les premiers immigrants indiens au Canada

Les premiers Indiens au Canada sont des hommes sikhs, la plupart issus du milieu agricole du Penjab, qui arrivent en Colombie-Britannique en 1903 pour travailler. En 1908, on en compte 5000, dont beaucoup travaillent dans l’exploitation forestière et l’agriculture.

Bien que ces sikhs soient des sujets britanniques et que certains soient même d’anciens combattants de l’armée britannique, ils sont l’objet de suspicion et de discrimination. Le gouvernement de la Colombie-Britannique commence à limiter leurs droits et leurs privilèges, y compris leur droit de vote, ainsi que l’accès à la politique et à nombre de professions. En 1908, le gouvernement fédéral adopte, pour les immigrants en provenance de l’Asie du Sud, un règlement stipulant que le voyage vers le Canada doit se faire sans escale à partir du pays d’origine. Comme il n’y a pas de transport direct de l’Inde au Canada, cette loi met fin à la croissance de la communauté indienne au Canada et empêche les familles des immigrés de les rejoindre. Les protestations et les contestations judiciaires n’ont aucun effet, et de nombreux immigrants désillusionnés retournent en Inde, tandis que d’autres déménagent aux États Unis.

Le règlement d’immigration est contesté de façon spectaculaire en 1914, lorsque le cargo Komagata Maru arrive à Vancouver, en provenance de Hong Kong, avec 376 immigrants d’Asie du Sud à son bord. Après deux mois au port, le navire et ses passagers se voient forcés de faire demi-tour.

En 1919, les femmes et les enfants d’immigrants sont autorisés à rejoindre leur mari et leur père au Canada, mais la communauté ne compte plus que 1300 personnes dans les années 1920. La plupart des lois contre les Sud Asiatiques, y compris le règlement stipulant que le voyage doit se faire sans escale, restent en vigueur jusqu’en 1947. Même après la modification des lois, les contingents d’immigration limitent toujours le nombre de Sud Asiatiques qui entrent au Canada.

Les immigrants indiens au Canada après 1967

En 1967, les contingents d’immigration sont remplacés par un système de points d’appréciation qui évalue les nouveaux arrivants selon les compétences et d’autres facteurs, plutôt que l’ethnicité. L’immigration en provenance de l’Inde augmente considérablement à partir des années 1960. Ces immigrants sont différents sur le plan culturel, et beaucoup sont des professionnels, comme des médecins, des professeurs et des scientifiques. La plupart s’installent dans les régions urbaines, surtout dans les environs de Toronto et de Vancouver.

À partir des années 1970, un nombre croissant d’immigrants d’origine indienne arrivent aussi d’autres pays, pour des raisons politiques ou autres. Ils viennent notamment de l’Afrique de l’Est (Ouganda, Kenya, Tanzanie), des Fidji, de la Guyane, de Maurice ainsi que de Trinité-et-Tobago. Des groupes ethniques de certains pays ou zones s’installent parfois dans des régions particulières du Canada, et cette répartition est évidente aujourd’hui. En effet, on retrouve plus de sikhs du Penjab et de Fidjiens en Colombie-Britannique que dans le reste du pays, plus d’immigrants de la Guyane et de Trinité à Toronto, et plus d’ismaïliens en Colombie-Britannique et en Alberta.

Depuis la fin des années 1990, jusqu’à 30 000 immigrants d’origine indienne arrivent au Canada chaque année.

Les Canadiens d’origine indienne de nos jours

Les Canadiens d’origine indienne (aussi appelés Indo-Canadiens ou Indiens d’Asie) constituent l’une des populations ethnoculturelles les plus diversifiées du Canada. Pour ce qui est de la religion, les sikhs, les hindous, les musulmans et les chrétiens, entre autres, sont bien représentés. Le pendjabi est la langue maternelle la plus courante, mais le tamoul, l’urdu et l’hindi sont aussi utilisés. Les hommes et les femmes occupent divers emplois de cols blancs et de cols bleus. Certains sont propriétaires de commerces comme des services de taxi ou des épiceries, des confiseries et des restaurants indiens. En Colombie-Britannique, les Indiens participent beaucoup à l’agriculture. Un nombre croissant de Canadiens d’origine indienne entrent sur la scène politique canadienne, tandis que certains demeurent associés à la politique en Inde; par exemple, de nombreux sikhs appuient le mouvement pour un état sikh indépendant au Penjab.

Les relations dans les familles élargies et avec la communauté sont généralement importantes. Il existe de nombreuses associations socioculturelles qui commanditent des cours de langue et des activités culturelles. Dans certains groupes, la vie tourne autour de la religion, que les liens ethniques renforcent (par exemple chez les musulmans sunnites). Les célébrations culturelles sont plus importantes pour certaines populations que d’autres. Les films bollywoodiens, le bhangra (souvent combiné à d’autres traditions plus récentes) et la cuisine indienne sont des aspects uniques de la culture indienne au Canada, et les journaux indiens, tout comme les émissions de radio et de télévision, sont très accessibles.

Les relations entre le Canada et l’Inde

L’Inde et le Canada entretiennent des relations depuis longtemps et sont d’importants partenaires commerciaux. Les deux pays coopèrent dans le cadre d’initiatives portant notamment sur l’agriculture, l’éducation, la sécurité et l’énergie nucléaire.

Pour en apprendre plus :
Les Asiatiques du Sud
Indiens