Asiatiques au Canada

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Pour le Canada, l’Asie n’existe pas « là-bas ». Elle a toujours été et restera très présente dans notre pays, auquel elle contribue et qu’elle façonne. Six millions de Canadiens, soit 20 percent de la population, sont nés à l’extérieur du pays. Les immigrants arrivés récemment sont généralement originaires de l’Asie et du Moyen Orient, plutôt que de l’Europe (Recensement du Canada, 2006).

Construction d’une nation du Pacifique

Le Canada devient une nation du Pacifique peu après la naissance de la Confédération, avec la promesse de la construction d’un chemin de fer transcontinental destiné à ouvrir l’Ouest ainsi que de nouveaux marchés sur le Pacifique. Les chemins de fer sont si importants pour la création de la nation que la construction du chemin de fer Intercolonial, qui relierait les colonies des Maritimes et la province du Canada, est une condition d’adhésion à la Confédération en 1867. En 1871, la Colombie-Britannique est attirée dans la Confédération par la promesse de construction d’un chemin de fer transcontinental dans les dix années qui suivent. La ligne transcontinentale qui reliera le pays d’un océan à l’autre sera celle du Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP), constitué en société en 1881. Sa construction représente un exploit d’ingénierie sans précédent, mais, comme l’explique George Stephen, premier président du CFCP, à John A. MacDonald, « le chemin de fer Canadien Pacifique ne sera pas terminé tant que nous n’aurons pas de route maritime vers le Japon et la Chine ».

La construction difficile dans les Rocheuses est entravée par le manque de main-d’œuvre adéquate en Colombie-Britannique. La décision controversée de faire appel à des milliers d’ouvriers chinois est donc prise. Au plus fort de la construction du tronçon de Yale à Kamloops, 9000 ouvriers, soit plus des deux tiers de la main-d’œuvre, sont chinois. Une fois le chemin de fer achevé, des communautés chinoises se développent dans tout le pays, les ouvriers devenant des colons. Ils sont en grande partie considérés comme inférieurs et inassimilables et font craindre un « péril jaune », ce qui mènera à la « loi d'exclusion des Chinois ».

La construction jusqu’à la côte du Pacifique est terminée lorsque le « dernier crampon » est enfoncé à Craigellachie le 7 novembre 1885. L’achèvement du chemin de fer apporte un nouveau dynamisme au Canada : de nouveaux villages et villes s’établissent, des pionniers arrivent de tout le pays et d’ailleurs et le commerce avec la région de l’Asie-Pacifique est désormais possible. Le développement de la Porte de l’Asie-Pacifique continue de nos jours, grâce aux infrastructures de transport et portuaires, d’être une entreprise importante pour le gouvernement canadien.

Importance croissante de l’Asie

L’importance de l’Asie pour le Canada est de plus en plus évidente, en particulier en ce qui a trait aux investissements de la Chine, aux migrations et aux échanges culturels ainsi qu’à la nécessité de coopérer pour régler les problèmes mondiaux comme le changement climatique. L’émergence des économies asiatiques fait que ces pays ont maintenant une influence plus grande sur les règles qui régissent le commerce mondial, le système financier mondial et la sécurité mondiale. C’est le cas non seulement de la Chine et de l’Inde, mais aussi du Japon, de la Corée du Sud et des pays d’Asie du Sud Est. La montée de l’Asie aura un impact considérable sur la dynamique économique et politique mondiale ainsi qu’une influence sur les arts, la culture et l’innovation dans le monde. Le Canada doit donc déterminer l’avenir de ses relations avec l’Asie.

Les Canadiens comprennent peut-être le rôle de l’Asie dans l’histoire et les communautés multiculturelles du Canada, mais leurs points de vue actuels sur l’Asie restent flous et nombre d’entre eux considèrent l’Asie avec circonspection. En 2010, la Fondation Asie Pacifique du Canada les a sondés sur leur perception de l’Asie. Les résultats ont indiqué que les Canadiens reconnaissent la force de l’Asie pendant la récession, 62 % estimant que des relations plus étroites avec l’Asie sont nécessaires pour la prospérité future du Canada. Les répondants ont aussi reconnu la nécessité pour les entreprises et le gouvernement de se concentrer davantage sur l’Asie.

Cependant, seulement 29 % des répondants estimaient que le Canada faisait partie de l’Asie-Pacifique et ils étaient méfiants à l’égard de la Chine, tout en reconnaissant sa puissance croissante. Les Canadiens sont plus favorables à l’essor économique et politique de l’Inde, qu’ils jugent moins menaçante sur les plans social et militaire.

Ces points de vue différents montrent que les Canadiens ne savent pas au juste ce que signifie la montée de l’Asie pour leur pays, malgré la présence multiculturelle et l’importance historique et économique de cette région pour le Canada. Un examen de l’importance constante des relations humaines entre le Canada et l’Asie constitue un premier pas vers la compréhension. Par exemple :

  • Hong Kong est la ville la plus canadienne de l’Asie, comptant une diaspora canadienne de plus de 300 000 personnes
  • Vancouver est la ville la plus asiatique du monde en dehors de l’Asie
  • les immigrants de l’Inde, de la Chine et des Philippines sont de plus en plus nombreux à s’installer dans des endroits comme Edmonton, Regina et Halifax, tandis que des villes comme Toronto et Vancouver ont des liens profonds avec l’Asie
  • 76 percent des écoles canadiennes outre-mer sont dans la région de l’Asie-Pacifique
  • 46,5 percent des immigrants au Canada viennent de la région de l’Asie-Pacifique (statistiques de 2009), soit plus que de toute autre région. Les pays de l’Asie-Pacifique continuent de dominer pour ce qui est des flux d'étudiants internationaux vers le Canada. À elle seule, la Chine a envoyé près de 50 000 étudiants étudier au Canada en 2009

Réaction du Canada à la montée de l’Asie

Le Canada a besoin d’une stratégie asiatique plus précise qui maximise les perspectives pour les générations futures et tire parti des liens naturels existant entre le pays et la région de l’Asie-Pacifique. Par exemple, bien que les pays de cette région soient ceux qui envoient au Canada le plus d’étudiants de niveau postsecondaire, seulement 1 % des étudiants canadiens de niveau collégial et 2,4 % des étudiants universitaires canadiens choisissent de suivre une partie de leur programme d’études à l’étranger. Ces chiffres sont très bas pour un monde qui est de plus en plus interconnecté et où la montée de l’Asie a de plus en plus d’influence.

Les relations à long terme du Canada avec la région de l’Asie-Pacifique doivent être holistiques : il faut établir des partenariats mutuellement avantageux, fondés sur l’importance géographique et historique de l’Asie pour le Canada. Compte tenu de la réalité changeante de l’Asie et des relations humaines continues, il est indispensable que les Canadiens comprennent l’Asie pour rester concurrentiels et jouer un rôle dans le monde. Une main-d’œuvre et une population connaissant l’Asie, des cadres de coopération économiques ainsi qu’un avenir social partagé sont cruciaux pour les relations à long terme du Canada avec la région de l’Asie-Pacifique.

Comment réaliser cela? Participez à la conversation nationale sur l’Asie. Apprenez en davantage sur ce que les Canadiens disent sur l’Asie et faites part de vos réflexions pour aider à définir l’avenir des relations du Canada avec l’Asie.

Fait en collaboration avec la Fondation Asie Pacifique du Canada
Pour en apprendre plus :La conversation nationale sur l’Asie